Fiche d'artiste


Jules Spinatsch * 1964 à Davos, vit à Zurich

Jules Spinatsch a montré en 2003 au Centre de la photographie Genève son tout premier travail panoramique, Temporary discomfort – Chapter IV PULVER GUT. Il s’agissait d’une vue de Davos enneigé, truffé de barrières et d’autres architectures anti-émeutes, prise dans un laps de temps de 10 jours. Détournant les Web-cam censées transmettre l’état des pistes de ski, le photographe avait réussi à nous montrer comment un village alpin peut se transformer en un lieu de haute s [...]

Jules Spinatsch a montré en 2003 au Centre de la photographie Genève son tout premier travail panoramique, Temporary discomfort – Chapter IV PULVER GUT. Il s’agissait d’une vue de Davos enneigé, truffé de barrières et d’autres architectures anti-émeutes, prise dans un laps de temps de 10 jours. Détournant les Web-cam censées transmettre l’état des pistes de ski, le photographe avait réussi à nous montrer comment un village alpin peut se transformer en un lieu de haute sécurité assiégé. Depuis, Jules Spinatsch a appliqué son système de balayage méthodique d’un espace donné par une caméra électronique à d’autres situations, que ce soit lors du match de qualification pour le Mondial 2006, opposant la Suisse à la France ou encore la séance du Conseil municipal du 30 juin 2006 à Toulouse. La démarche de l’artiste est bien à double tranchant. Si nous sommes fascinés par cette énorme quantité d’information qui se déploie devant nous, jusqu’aux détails les plus infimes perçus dans les agrandissements à grande échelle – exemple le petit billet écrit à la main, traînant sur le bureau d’un des députés et donnant le titre à l’œuvre, « Fabre n’est pas venu » – la technique employée par Jules Spinatsch peut aussi se transformer en une redoutable arme du tout contrôle. Il n’y a qu’un pas du panorama au Panopticum.

Jules Spinatsch est connu pour ses prises de vue, développées avec une webcam, puis avec une caméra SLR. L’artiste définit le moment de la prise de vue et le champ couvert par la caméra, qui s’étend parfois sur 360°. Le CPG a été la première institution à montrer sa Semiautomatic Photography en 2003. Ce corpus a été présenté ensuite dans les musées et biennales les plus importants, du MoMA à New York à la Tate Modern de Londres, en passant par le Fotomuseum Winterthur et le Kunsthaus Zürich. Le CPG a présenté une rétrospective de ces travaux en 2018-2019 et vient d’éditer le livre éponyme. Super Meta Eclat est aussi de la photographie semi-automatique, mais sans panorama. L’appareil a été dirigé vers une source chaude en Islande qui dégage des éruptions de par son activité volcanique. Sa présentation dans OSMOSCOSMOS est une première, mais c’est la sixième collaboration avec l’artiste. La projection vidéo de ce corpus provoque un flux permanent d’impressions qui se superposent, oscillant entre abstraction et représentation avec un effet méditatif.

10 collaborations ont eu lieu jusqu'à aujourd'hui entre Jules Spinatsch et le CPG.

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