CAMÉRA(AUTO)CONTRÔLE

01.06 — 31.07.2016

L’exposition Caméra(Auto)Contrôle forme le noyau dur de l’édition 2016 de la triennale des 50JPG – 50 Jours pour la photographie à Genève. Elle nous plonge dans l’actualité brûlante des drones et autres systèmes de contrôle exercés par des caméras photo ou vidéo. Nous pourrions en effet « célébrer » dans le monde entier un quart de siècle de contrôle de l’espace public par les caméras automatiques. Très souvent, elles portent un sticker avec un smiley demandant aux personnes enregistrées, que ce soit au parking, à la caisse du supermarché, ou dans les transports publics, de sourire.

 

Certains artistes, hackers et militants politiques ont refusé de sourire, tout en détournant momentanément ces dispositifs de surveillance. Leurs actions sont restées isolées, car jamais un mouvement citoyen n’a lutté contre la présence de plus en plus grande des caméras dépersonnalisées dans les lieux publics. Cela fait aussi un quart de siècle que des photographes de rue (street photography), amateurs et professionnels confondus, se font de plus en plus interpeller, voire agre [...]

Certains artistes, hackers et militants politiques ont refusé de sourire, tout en détournant momentanément ces dispositifs de surveillance. Leurs actions sont restées isolées, car jamais un mouvement citoyen n’a lutté contre la présence de plus en plus grande des caméras dépersonnalisées dans les lieux publics. Cela fait aussi un quart de siècle que des photographes de rue (street photography), amateurs et professionnels confondus, se font de plus en plus interpeller, voire agresser par des citoyens, ceux-là mêmes qui acceptent docilement leur enregistrement 24/24h, où qu’ils soient. Cette attitude schizophrénique pourrait être interprétée comme une intériorisation de l’acceptation passive du contrôle de leur image par des agents non identifiés. L’accomplissement de cette intériorisation pourrait être le Selfie, où le citoyen sourit à volonté à l’objectif de son smartphone pour diffuser son autoreprésentation sur les réseaux sociaux, se soumettant au contrôle social le plus évident.

Nous voici arrivés dans la « happy-selfexploitation » qu’observe le philosophe Byung- Chul Han, qui avance que le capitalisme cognitif entraîne un changement de paradigme. Il remplace la bio-politique de Michel Foucault par le concept de psycho-politique, où nous, les « users », participons avec notre consentement, voire enthousiasme, à notre propre exploitation en donnant à volonté nos images et autres informations nous concernant aux géants de l’Internet. Nos informations forment leur capital.


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