Le capital est-il la forme la plus primitive de l’animisme? Le Centre de la photographie Genève présente la première exposition personnelle de Riar Rizaldi, artiste et cinéaste indonésien émergeant. Son travail construit des récits mêlant fiction et réalité, nourris par l’esthétique du cinéma de science-fiction et par la culture visuelle contemporaine. Il y interroge la relation entre capital et technologie du point de vue du Sud Global. Les quatre films sélectionnés pour cette exposition, Kasiterit (2019), Tellurian Drama (2020), Becquerel (2021) et Pyroclasts Are Eloquent Storytellers (2022), constituent une introduction à un univers unique et captivant. Cette expérience cinématographique permet de recontextualiser l’Indonésie dans sa position souvent négligée ou sous-estimée de puissance économique sur le marché mondial et nous invite à interroger notre relation à la nature. Chaque film constitue un court récit, une fiction théorique, qui s’inspire de l’histoire et de la mythologie de l’Indonésie, mais dont la portée s’étend rapidement pour révéler les interactions et les implications d’un système globalisé. Les films de Rizaldi critiquent subtilement la mentalité de «progrès» et les modes de consommation effrénés, insoutenables et destructeurs, qui en résultent. Ils articulent la science et la magie – nous invitant à appréhender des questions sociales, politiques et écologiques d’actualité – tout en suggérant poétiquement la possibilité d’une autre manière de voir.
Riar Rizaldi est artiste et cinéaste. Il travaille principalement avec l’image en mouvement et le son, à la fois dans la salle de cinéma et sous forme d’installations dans l’espace d’exposition. Sa pratique artistique se concentre principalement sur la relation entre le capital et la technologie, le travail et la nature, les visions du monde, le cinéma de genre et la possibilité d’une fiction théorique. Ses œuvres ont été présentées dans divers festivals internationaux de cinéma (notamment Locarno, IFFR, FID Marseille, Viennale, BFI Londres, Cinema du Réel, Vancouver, etc.) ainsi qu’au Centre Pompidou à Paris, au NTT InterCommunication Center à Tokyo, à la Biennale de Taipei, à la Biennale d’Istanbul, à la Biennale d’architecture de Venise, à la Biennale de Jogja, à la Galerie nationale d’Indonésie, et dans d’autres lieux et institutions. Son travail a notamment fait l’objet d’une programmation monographique au Batalha Centro de Cinema, à Porto.
Avec le soutien de la Fondation Ernst et Olga Gubler-Hablützel.













