Avec Saskia Groneberg, Yann Gross, Yann Haeberlin, Felicity Hammond, Hilla Kurki, Yann Mingard, Lea Sblandano, Berit Schneiderheit, Bernard Tullen, Magdalena Wysocka & Claudio Pogo, ainsi que Les Conservatoire et Jardin botaniques de Genève.
L’exposition Bruissements végétaux explore nos rapports souvent paradoxaux au monde végétal, et les manières dont il se fait tour à tour objet d’affection grâce à ses qualités esthétiques, signal et symbole des bouleversements environnementaux, incarnation d’une consommation durable, ou investi de fonctions esthétiques ou symboliques. Par exemple, alors que la Monstera deliciosa, pourtant exotique, et conséquence directe de l’expansion coloniale, est perçue en Occident pour son potentiel décoratif, le palmier du Tessin est quant à lui devenu en quelques années le symbole de l’invasion biologique et du réchauffement climatique. Alors que de nombreuses plantes sont déconsidérées, car insignifiantes, nuisibles ou peu photogéniques, d’autres envahissent les commerces, les intérieurs, les réseaux sociaux et, plus généralement, notre culture visuelle.
Entre récit intime, documentation scientifique, exploration spéculative, ou observation quotidienne, cette exposition présente une multitude d’études botaniques contemporaines, et vise à prendre acte des significations complexes des plantes dans le contexte culturel actuel. Les notions d’étude et de typologie traversent toute l’histoire de la photographie, notamment lorsqu’elle est mobilisée au service des sciences ou à des fins documentaires. Des cyanotypes d’algues de la botaniste anglaise Anna Atkins aux agrandissements de détails de plantes de l’artiste allemand Karl Blossfeldt, puis aux illustrations botaniques contemporaines de la photographe britannique Niki Simpson, les études et typologies de plantes abondent. Les photographes ont ainsi largement contribué depuis les années 1840 à l’élaboration des savoirs sur les plantes, et à nourrir notre culture visuelle du monde végétal.
Cette exposition inaugurale du nouvel espace du Centre de la photographie Genève fait écho aux frises florales Art nouveau de l’Espace Ami-Lullin, salle d’exposition inaugurée en 1905, tout comme à sa localisation au cœur du parc des Bastions. En 1817, ce parc devint le premier Jardin botanique de Genève, à l’initiative du botaniste genevois Augustin Pyramus de Candolle. Ce dernier fut l’auteur de l’une des premières classifications botaniques, et entreprit un vaste travail aboutissant à la description de près de 60’000 plantes. Enfin, cette exposition entend résonner avec le nouveau cadre du Centre de la photographie Genève: la Bibliothèque de Genève, un lieu d’étude et de conservation de savoirs sur le monde.
Avec les prêts des Conservatoire et Jardin botanique de Genève, Art Vontobel Collection et Wilde Gallery.
















