La surreprésentation des personnes vulnérables dans le système pénitentiaire suisse est flagrante. À travers des entretiens approfondis avec des personnes incarcérées, ainsi que des contributions d’universitaires, le projet de l’artiste suisse Laurence Rasti vise à mettre en lumière les raisons sous-jacentes de cette réalité, qui semble constituer une punition délibérée infligée aux plus démunis. Ce projet est le fruit d’une collaboration dans le cadre de laquelle les personnes en détention créent des images au sténopé et par cyanotype de l’intérieur des murs, ce qui leur offre un espace d’expression et leur permet de devenir coauteurs et experts de leur propre situation. Parallèlement, des extraits de leurs témoignages ont été gravés dans le béton, venant briser le silence des murs de la prison à travers les échos des graffitis carcéraux. Le projet vise à susciter une réflexion critique sur le système pénitentiaire et ses lacunes intrinsèques, en remettant en cause les normes sociales et les politiques qui criminalisent la pauvreté et la migration.
Ce projet a été réalisé dans le cadre de l'enquête photographique neuchâteloise 2024, et exposé au Musée des Beaux-Arts du Locle (MBAL) en 2024-2025. La publication est accompagnée d’une contribution de Luca Gnaedinger, "À qui sont destinées les prisons ?", ainsi que d’un entretien avec Federica Martini et Laurence Rasti: "Speaking Out".










