Le Centre de la photographie de Genève a le plaisir de présenter la première exposition du projet majeur Les Voix de l’eau du photographe et anthropologue colombien Jorge Panchoaga, qui explore les interactions entre la terre et l’eau dans les écosystèmes extrêmes d’Amérique latine, ainsi que le fragile équilibre que les communautés locales doivent sans cesse trouver pour y vivre.
L’une des relations les plus anciennes sur cette planète est celle de la terre à l’eau. La terre cherche à croître, à s’élever, émergeant par le biais des volcans ou des collisions de plaques tectoniques jusqu’à se replier sur elle-même; les chaînes de montagnes s’élèvent et le cours des rivières et des mers se modifie, sculptant de nouvelles rives. L’eau, quant à elle, cherche à éroder la terre, emportant la roche jusqu’aux fonds marins et façonnant le paysage. La vie est apparue plus tard – une invitée apprenant à survivre au sein de l’équilibre de cette relation ancestrale. Les écosystèmes extrêmes sont une fenêtre sur le passé et l’avenir des changements qui s’opèrent sur Terre. Les Voix de l’eau réunit des récits et des réflexions sur la vie humaine au sein de ces écosystèmes, afin de mieux comprendre notre imagination, notre capacité d’adaptation et notre créativité face aux environnements les plus complexes des Amériques. Cet ouvrage nous invite à rétablir et à reconnaître notre lien profond, intime et émotionnel avec l’eau, en nous éloignant des notions utilitaires telles que les ressources, l’accès ou la disponibilité. À travers des images et des récits issus des déserts, des plaines inondables, des villes et des projets d’infrastructure à grande échelle dans des pays comme le Chili, le Pérou, la Colombie et le Mexique, Les Voix de l’eau propose une réflexion opportune et nécessaire en ces temps d’extrêmes climatiques.
Jorge Panchoaga décrit son travail comme une recherche constante sur les façons de percevoir et d’interagir avec le monde qui l’entoure, suspendue entre l’héritage autochtone de sa famille et sa vie urbaine: “Le spirituel, l’imaginaire et mon éducation urbaine m’ont conduit à explorer des moyens de fusionner au sein de l’image tout ce qui constitue cette tension et cette contradiction permanentes — là où l’imagination devient la pierre angulaire pour donner un sens à la réalité, au désir, à l’avenir, au passé et à nos relations avec les autres et la nature.”






















