Fiche d'artiste


Stéphanie Probst * 1986 à Suisse, vit à Genève

La série Sténopé Studio  est constituée de portraits en noir et blanc capturés par une canette de bière scotchée et percée d’un trou d’épingle. Les modèles aveuglés par trois spots lumineux, posent pendant cinq minutes. Les images sont ensuite développées en argentique dans la salle de bains de Stéphanie Probst. Les corps se projettent dans la canette et ressortent à l’envers en négatif. Certains positifs sont tirés par contact de papier photo à p [...]

La série Sténopé Studio  est constituée de portraits en noir et blanc capturés par une canette de bière scotchée et percée d’un trou d’épingle. Les modèles aveuglés par trois spots lumineux, posent pendant cinq minutes. Les images sont ensuite développées en argentique dans la salle de bains de Stéphanie Probst. Les corps se projettent dans la canette et ressortent à l’envers en négatif. Certains positifs sont tirés par contact de papier photo à papier photo. Le procédé « apéro, récup’, et chimie argentique » s’inscrit dans une démarche DIY et alternative et contient, en lui-même, une part de désobéissance à l’âge du selfie et de l’image conversationnelle . Avec l’utilisation du sténopé, l’image se bricole et acquière une physicalité. Si une canette ou une boite à chaussure deviennent appareils photo, le processus s’allonge, se fragilise, et reste sujet à l’accident. La prise de vue s’étire et devient performance : L’image n’est plus instantanée mais devient durée. La série donne un aperçu du monde de l’autre côté du miroir , à l’intérieur de la canette, un monde fait de beaucoup de mondes, où l’on exhale, où l’on danse et où l’on vit. L’hyperfocale et la courbure du papier déforment la physionomie, les modèles sont vivants, ils respirent, vibrent, ils sont un peu flous, fantomatiques. Familiers et intrigants, ils invitent à la réflexion et à la rêverie.

Stéphanie Probst (*1986, Genève, vit et travaille à Genève). Photographe, enseignante, et future archiviste, diplômée Master de la HEAD Genève en 2012, elle pratique la photographie sous toutes ses formes, numérique ou argentique. Elle participe à diverses expositions collectives et anime des workshops artistiques d’initiation au sténopé. Sa pratique s’articule principalement autour de la photographie et de la microédition. Ses travaux sont encrés dans le quotidien de la vie alternative genevoise. Fascinée par les portraits, elle élabore des séries, des collections, des familles, convoque ses proches. Elle s’interroge sur l’identité et les rapports sociaux. La photo est pour elle une transaction, un échange intime qui nécessite une relation de confiance. Qu’elle utilise des procédés numériques ou alternatifs, l’image est un fil qui la relie à ses modèles. C’est la seconde collaboration de Stéphanie Probst avec le CPG, après l’exposition Cherche appartement en 2013.

 Photographie : Stéphanie Probst, Sténopé Studio, 2014

En relation