Laurence Bonvin
ON THE EDGES OF PARADISE

25.01 — 02.03.2008

L’expression anglaise „Gated Community“ se traduit littéralement par „communautés clôturées“, tandis que „Gate“ signifie portail. Vivre dans une urbanisation avec des portails, c’est-à-dire coupée du reste de la ville et donc avec des accès sécurisés, engendre aussi un contrôle entre les habitants. On pourrait même parler d’une « self controlled community ».

Vernissage: 24.01.2008

Finissage de l’exposition
et présentation du livre On the Edges of Paradise, edition fink, Zurich
samedi 1er mars 2008 à 16h

Ainsi, du moins aux E.U., des règlements prévoient les modalités pour l’entretien des jardins, pour la taille et le nombre des arbres, pour les couleurs des fenêtres, même pour le mobilier qui peut être aperçu de l’extérieur. Un règlement va jusqu'à prescrire „un maximum de trois chiens ou quatre chats âgés de plus de six semaines et d’un poids total maximum de 30 livres“ ! Ce qui vaut pour les animaux vaut aussi pour les êtres humains: les heures auxquelles les résid [...]

Ainsi, du moins aux E.U., des règlements prévoient les modalités pour l’entretien des jardins, pour la taille et le nombre des arbres, pour les couleurs des fenêtres, même pour le mobilier qui peut être aperçu de l’extérieur. Un règlement va jusqu'à prescrire „un maximum de trois chiens ou quatre chats âgés de plus de six semaines et d’un poids total maximum de 30 livres“ ! Ce qui vaut pour les animaux vaut aussi pour les êtres humains: les heures auxquelles les résidents peuvent se fréquenter à l’extérieur de leur logement ou la durée pendant laquelle leurs hôtes sont autorisés à rester sont prescrits. Il y a même des règlements qui se donnent le pouvoir de pénétrer dans les maisons „pour mettre fin au séjour d’un invité“. Aujourd'hui 10 millions d'américains vivent dans des "Gated Communities".

Ce nouveau mode de vie à visée sécuritaire s’organise autour d’un concept d’homogénéisation des habitants, dont le premier critère de sélection est évidemment le revenu (élevé), mais dont les habitudes culturelles, voire religieuses, sont tout aussi déterminantes, comme le fait remarquer Stéphane Degoutin. Par souci d’une vie sécurisée, la mixité est bannie et l’autre n’existe tout simplement pas. Les « Gated Communities » renforcent les oppositions grandissantes entre riches et pauvres et par la même accentuent des comportements non solidaires.

Les premières « Gated Communities » à Istanbul remontent aux années 70, d’après la critique d’art Fatos Üstek, plus précisément aux quartiers spécialement construits pour les familles des militaires sous la dictature des colonels. Depuis la chute du mur, et suite à une très importante immigration non seulement anatolienne et kurde, mais aussi provenant du Proche et Moyen Orient, la population d'Istanbul a atteint les 16 millions d’habitants. Le premier lotissement dans le style américain, Kemer Country, a été construit en 1995 dans un mélange d'éléments coloniaux, d'éléments empruntés aux villas de séries télévisuelles, genre Dallas, et d'éléments d'architecture vernaculaire.

Les photographies de Laurence Bonvin s’inscrivent directement dans le « style documentaire » d'un Robert Adams ou d'un Lewis Baltz. Elles ont été prises entre 2005 et 2006 et composent, à partir de fragments, le constat d’un monde aseptisé, visuellement standardisé et démuni de toute authenticité. L’exposition est constituée d’environ 30 tirages, dont quelques vues panoramiques qui situent les différentes « Gated Communities » dans le contexte de la banlieue d'Istanbul. L’h2 souligne l’aspect artificiel des constructions, leur côté décor pour fiction moyenne, parsemé de quelques personnes ayant l'air de figurants. « On the Edges of Paradise » est la poursuite conséquente de ses travaux précédents, à l'exemple de sa première série présentant les « no man's land » de la banlieue genevoise. Laurence Bonvin ne cesse de cerner les vies urbaines et sub-urbaines.

 


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Fiche d'artiste

Laurence Bonvin * 1967 à Sierre, vit à Berlin et Genève

Ainsi, du moins aux E.U., des règlements prévoient les modalités pour l’entretien des jardins, pour la taille et le nombre des arbres, pour les couleurs des fenêtres, même pour le mobilier qui peut être aperçu de l’extérieur. Un règlement va jusqu'à prescrire „un maximum de trois chiens ou quatre chats âgés de plus de six semaines et d’un poids total maximum de 30 livres“ ! Ce qui vaut pour les animaux vaut aussi pour les êtres humains: les heures auxquelles les résid [...]

Ainsi, du moins aux E.U., des règlements prévoient les modalités pour l’entretien des jardins, pour la taille et le nombre des arbres, pour les couleurs des fenêtres, même pour le mobilier qui peut être aperçu de l’extérieur. Un règlement va jusqu'à prescrire „un maximum de trois chiens ou quatre chats âgés de plus de six semaines et d’un poids total maximum de 30 livres“ ! Ce qui vaut pour les animaux vaut aussi pour les êtres humains: les heures auxquelles les résidents peuvent se fréquenter à l’extérieur de leur logement ou la durée pendant laquelle leurs hôtes sont autorisés à rester sont prescrits. Il y a même des règlements qui se donnent le pouvoir de pénétrer dans les maisons „pour mettre fin au séjour d’un invité“. Aujourd'hui 10 millions d'américains vivent dans des "Gated Communities".

Ce nouveau mode de vie à visée sécuritaire s’organise autour d’un concept d’homogénéisation des habitants, dont le premier critère de sélection est évidemment le revenu (élevé), mais dont les habitudes culturelles, voire religieuses, sont tout aussi déterminantes, comme le fait remarquer Stéphane Degoutin. Par souci d’une vie sécurisée, la mixité est bannie et l’autre n’existe tout simplement pas. Les « Gated Communities » renforcent les oppositions grandissantes entre riches et pauvres et par la même accentuent des comportements non solidaires.

Les premières « Gated Communities » à Istanbul remontent aux années 70, d’après la critique d’art Fatos Üstek, plus précisément aux quartiers spécialement construits pour les familles des militaires sous la dictature des colonels. Depuis la chute du mur, et suite à une très importante immigration non seulement anatolienne et kurde, mais aussi provenant du Proche et Moyen Orient, la population d'Istanbul a atteint les 16 millions d’habitants. Le premier lotissement dans le style américain, Kemer Country, a été construit en 1995 dans un mélange d'éléments coloniaux, d'éléments empruntés aux villas de séries télévisuelles, genre Dallas, et d'éléments d'architecture vernaculaire.

Les photographies de Laurence Bonvin s’inscrivent directement dans le « style documentaire » d'un Robert Adams ou d'un Lewis Baltz. Elles ont été prises entre 2005 et 2006 et composent, à partir de fragments, le constat d’un monde aseptisé, visuellement standardisé et démuni de toute authenticité. L’exposition est constituée d’environ 30 tirages, dont quelques vues panoramiques qui situent les différentes « Gated Communities » dans le contexte de la banlieue d'Istanbul. L’h2 souligne l’aspect artificiel des constructions, leur côté décor pour fiction moyenne, parsemé de quelques personnes ayant l'air de figurants. « On the Edges of Paradise » est la poursuite conséquente de ses travaux précédents, à l'exemple de sa première série présentant les « no man's land » de la banlieue genevoise. Laurence Bonvin ne cesse de cerner les vies urbaines et sub-urbaines.

 


Vue d'exposition

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