Ursula Mumenthaler
Journal

05.03 — 29.03.2015

Impliquée depuis ses débuts dans une recherche d’exploration d’espaces intérieurs par les moyens de la photographie, Ursula Mumenthaler (née en 1955 à Staffelbach et vivant depuis sa formation à l’ESAV à Genève), s’est tournée de plus en plus à partir de 2008 vers les espaces extérieurs, voir vers l’espace urbain.

Vernissage: 05.03.2015

Si à ses débuts, l’artiste par une intervention picturale dans l’espace même, jouait sur la notion de point de vue – en tronquant la perspective – elle trompe l’œil dans son travail actuel avec un autre déterminant de la représentation photographique : l’échelle.

La série Urban de 2013 que le CPG expose actuellement en des formats moyens présente des vues photographiques aériennes de villes. À voir de plus prêt, l’illusion s’effondre et nous percevons des m [...]

Si à ses débuts, l’artiste par une intervention picturale dans l’espace même, jouait sur la notion de point de vue – en tronquant la perspective – elle trompe l’œil dans son travail actuel avec un autre déterminant de la représentation photographique : l’échelle.

La série Urban de 2013 que le CPG expose actuellement en des formats moyens présente des vues photographiques aériennes de villes. À voir de plus prêt, l’illusion s’effondre et nous percevons des maquettes en carton. Des tours dont les façades sont des photographies aux couleurs de buildings existants (glanées à travers le monde) et réduites à une échelle de maquette, sont ravagées par des intempéries et le feu. L’artiste se glisse dans la peau d’architectes et dictateurs tels qu’Albert Speer et Néron qui portaient en eux des projets de destruction de quartiers et de villes entiers.

Ces visions apocalyptiques trouvent leur prolongation dans l’actuelle exposition avec la nouvelle série Journal de 2014, présentée sous forme d’un livre et d’une exposition qui comprend 16 images extraites de la publication. Ursula Mumenthaler collectionne sans distinguo les photographies de presse représentants des catastrophes naturels ou humaines. Par un procédé habile qui consiste à « inverser » l’image en négatif, une fois celle-ci scannée, nous ne parvenons plus à distinguer à quel type de catastrophe nous avons à faire, inondations, explosions, tsunamis, typhons, voir abandon pur et simple, ni à savoir de quelles villes il s’agit.

Agrandies au format affiche et collées bord à bord à même le mur, ce cabinet d’horreur trouve d’une certaine manière sa prolongation dans l’exposition de Zhang Wei qui dans la salle suivante présente des portraits de leaders politiques, dont une majorité a exercé leur pouvoir durant les 20 dernières années, sans prendre en charge de façon drastique la lutte contre le réchauffement climatique qui va dans les années à venir accentuer la menace de destruction sur maintes villes du globe.

L’exposition bénéficie du soutien du Fonds cantonal d’art contemporain, DIP, Genève et de la Ville de Genève.


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Fiche d'artiste

Ursula Mumenthaler * 1955 à Staffelbach (Argovie), vit à Genève

Si à ses débuts, l’artiste par une intervention picturale dans l’espace même, jouait sur la notion de point de vue – en tronquant la perspective – elle trompe l’œil dans son travail actuel avec un autre déterminant de la représentation photographique : l’échelle.

La série Urban de 2013 que le CPG expose actuellement en des formats moyens présente des vues photographiques aériennes de villes. À voir de plus prêt, l’illusion s’effondre et nous percevons des m [...]

Si à ses débuts, l’artiste par une intervention picturale dans l’espace même, jouait sur la notion de point de vue – en tronquant la perspective – elle trompe l’œil dans son travail actuel avec un autre déterminant de la représentation photographique : l’échelle.

La série Urban de 2013 que le CPG expose actuellement en des formats moyens présente des vues photographiques aériennes de villes. À voir de plus prêt, l’illusion s’effondre et nous percevons des maquettes en carton. Des tours dont les façades sont des photographies aux couleurs de buildings existants (glanées à travers le monde) et réduites à une échelle de maquette, sont ravagées par des intempéries et le feu. L’artiste se glisse dans la peau d’architectes et dictateurs tels qu’Albert Speer et Néron qui portaient en eux des projets de destruction de quartiers et de villes entiers.

Ces visions apocalyptiques trouvent leur prolongation dans l’actuelle exposition avec la nouvelle série Journal de 2014, présentée sous forme d’un livre et d’une exposition qui comprend 16 images extraites de la publication. Ursula Mumenthaler collectionne sans distinguo les photographies de presse représentants des catastrophes naturels ou humaines. Par un procédé habile qui consiste à « inverser » l’image en négatif, une fois celle-ci scannée, nous ne parvenons plus à distinguer à quel type de catastrophe nous avons à faire, inondations, explosions, tsunamis, typhons, voir abandon pur et simple, ni à savoir de quelles villes il s’agit.

Agrandies au format affiche et collées bord à bord à même le mur, ce cabinet d’horreur trouve d’une certaine manière sa prolongation dans l’exposition de Zhang Wei qui dans la salle suivante présente des portraits de leaders politiques, dont une majorité a exercé leur pouvoir durant les 20 dernières années, sans prendre en charge de façon drastique la lutte contre le réchauffement climatique qui va dans les années à venir accentuer la menace de destruction sur maintes villes du globe.

L’exposition bénéficie du soutien du Fonds cantonal d’art contemporain, DIP, Genève et de la Ville de Genève.


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