INTERFOTO 1975–2015

10.04 — 31.05.2015

Depuis 1975, le collectif de photographes genevois INTERFOTO couvre les manifestations et événements à caractère social et politique les plus divers à Genève et en Suisse romande.

Vernissage: 09.04.2015

23.04.2015, Table ronde autour d’Interfoto, en présence du collectif avec : Olivier Lugon, Christelle Michel,  Patrice Mugny, Nicolas Schätti et Joerg Bader.

D’abord en tant qu’agence pour la presse syndicale et militante, puis aussi comme auteur collectif de livres, INTERFOTO a poursuivi son engagement en marge du milieu de l’art. Les membres de l’équipe – ils sont 6 actuellement – signent les photographies, toujours en noir et blanc, uniquement par le nom « Interfoto » et les mettent à disposition pour tout organisme, association, syndicat ou autre regroupement, principalement de gauche, et cela depuis sa création.

L’e [...]

D’abord en tant qu’agence pour la presse syndicale et militante, puis aussi comme auteur collectif de livres, INTERFOTO a poursuivi son engagement en marge du milieu de l’art. Les membres de l’équipe – ils sont 6 actuellement – signent les photographies, toujours en noir et blanc, uniquement par le nom « Interfoto » et les mettent à disposition pour tout organisme, association, syndicat ou autre regroupement, principalement de gauche, et cela depuis sa création.

L’exposition « INTERFOTO 1975 – 2015 » est la première présentation institutionnelle d’une des mémoires visuelles les plus conséquentes dans le domaine de la production d’images militantes, et pas seulement en Suisse. Invités au CPG pour le colloque « Affaires d’archives » en novembre 2012, leur intervention avait attiré l’attention des milieux artistiques et académiques. Le travail du collectif fut présenté une première fois au CPG en 2013 dans le cadre de l’exposition « CHERCHE APPARTEMENT ». L’exposition « INTERFOTO 1975 – 2015 » va tenter de mettre en avant une infime partie de l’archive d’INTERFOTO et de faire le point sur 40 ans d’activité photographique militante.

Constatant au milieu des années 1970 que la presse dite « bourgeoise » (une expression de l’époque!) ne couvrait que rarement, voire très rarement, les manifestations, grèves, occupations et autres luttes, allant des revendications ouvrières aux droits des femmes, des étrangers en passant par la jeunesse, quelques activistes politiques prirent en charge ce travail d’information absent jusqu’alors.

Tous donnaient de leur temps libre pour se rendre sur les lieux des rassemblements, des contestations et autres actions politiques solidaires, pour passer ensuite des heures dans la chambre noire et pour enfin diffuser par courrier postal les tirages sortis des bains et des sécheuses. Walter Benjamin envisageait « l’auteur comme producteur ». La formule du plus important penseur ayant théorisé, à partir de sa philosophie de l’histoire, la photographie dans les années 30, s’applique idéalement aux règles qu’INTERFOTO s’est imposé : ne pas privilégier la photo d’auteur (pour un médium qui sonne la fin de l’auteur), mais au contraire miser sur la création collective. Car INTERFOTO détermine en équipe les reportages à effectuer et les photos à distribuer. Et c’est de même que les membres se répartissent les tâches sans hiérarchie ni spécialisation.

Les photographies d’INTERFOTO ont fait la une des quotidiens, hebdomadaires et mensuels les plus divers, allant du « Courrier » à « Lutte Ouvrière» en passant par « il lavoratore». Les photographies sortant du fameux labo situé dans un sous-sol des Grottes ont également servi à illustrer près de 40 affiches de différentes manifestations. Pour donner quelque chiffres : les archives INTERFOTO comprennent 4’733 films qui contiennent environ 141’990 négatifs noir et blanc 24x36 ; l’agence a collaboré avec environ 80 journaux pendant les 40 dernières années; on estime à 10'000 le nombre de photos à avoir été publiées ; des images d’INTERFOTO ont été utilisées pour illustrer environ 50 livres (en plus des neuf livres produits par l’Agence). Un bilan plus qu’impressionnant !

Avec les années, le travail de l’agence s’est de plus en plus orienté vers une production d’images ne collant pas nécessairement à l’actualité au jour le jour. C’est ainsi que la production de livres de photographies a gagné en ampleur et qu’INTERFOTO a commencé à se définir comme un collectif. INTERFOTO compte aujourd’hui neuf publications, qui témoignent d’un intérêt pour des aspects de la vie quotidienne dépassant le militantisme : vie au travail, habitat urbain, transports en commun, etc.

Ce sont ces livres et des groupes de tirages noir et blanc au format standard 30x40 cm, format qui aujourd’hui encore apparaît comme une marque de fabrique d’INTERFOTO, qui vont rythmer les 40 années passées et mener le déroulement de l’exposition au CPG. Sur les murs et dans des vitrines, face aux livres et aux tirages, l’exposition mettra aussi en avant des unes de journaux, affiches, livres, tracts et autres objets imprimés pour lesquels les rédacteurs et autres responsables de publications ont eu recours à l’archive du collectif.

La programmation des 14 dernières années du CPG a autant porté sur des questionnements contemporains du « style documentaire » que sur des productions d’images militantes, voire les deux ensemble. Le CPG a abordé ces questions par le passé avec par exemple les expositions « BACKDRAFT » de Bruno Serralongue ou « OFFSHORE » de Philippe Durand, et le fera encore avec l’exposition du californien Fred Lonidier, qui suivra celle d’INTERFOTO en juin 2015.

Cette politique a abouti à une interrogation plus profonde de la notion d’archive. Rappelons seulement des expositions comme « PHOTOGRAPHIES D’ALGÉRIE » de Pierre Bourdieu, « TOUTES LES PHOTOGRAPHIES D’UNE SEULE PERSONNE » de Miriam Bäckström et Carsten Höller, « LE GOUVERNEMENT » de Hans-Peter Feldmann, « DOUBLES ÉCONOMIES » d’Estelle Blaschke, Armin Linke et Doreen Mende et tout récemment « BELEGKONTROLLE » de Peter Piller. La grande exposition collective « LA REVANCHE DE L’ARCHIVE PHOTOGRAPHIQUE » en 2010 avait réuni plus de 50 positions dans des champs de production photographique les plus divers.

Nous sommes aujourd’hui très heureux de pouvoir présenter dans cette dynamique le collectif de photographes genevois INTERFOTO et de célébrer ainsi un travail précieux qui mérite une plus grande reconnaissance dans la ville de Genève, et hors de ses frontières.

L’exposition INTERFOTO bénéficie du soutien du Fonds cantonal d’art contemporain, DIP, Genève, du Pour-cent culturel Migros et de la Ville de Genève.


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Fiche d'artiste

INTERFOTO * 1975 à Genève, vit à Genève

D’abord en tant qu’agence pour la presse syndicale et militante, puis aussi comme auteur collectif de livres, INTERFOTO a poursuivi son engagement en marge du milieu de l’art. Les membres de l’équipe – ils sont 6 actuellement – signent les photographies, toujours en noir et blanc, uniquement par le nom « Interfoto » et les mettent à disposition pour tout organisme, association, syndicat ou autre regroupement, principalement de gauche, et cela depuis sa création.

L’e [...]

D’abord en tant qu’agence pour la presse syndicale et militante, puis aussi comme auteur collectif de livres, INTERFOTO a poursuivi son engagement en marge du milieu de l’art. Les membres de l’équipe – ils sont 6 actuellement – signent les photographies, toujours en noir et blanc, uniquement par le nom « Interfoto » et les mettent à disposition pour tout organisme, association, syndicat ou autre regroupement, principalement de gauche, et cela depuis sa création.

L’exposition « INTERFOTO 1975 – 2015 » est la première présentation institutionnelle d’une des mémoires visuelles les plus conséquentes dans le domaine de la production d’images militantes, et pas seulement en Suisse. Invités au CPG pour le colloque « Affaires d’archives » en novembre 2012, leur intervention avait attiré l’attention des milieux artistiques et académiques. Le travail du collectif fut présenté une première fois au CPG en 2013 dans le cadre de l’exposition « CHERCHE APPARTEMENT ». L’exposition « INTERFOTO 1975 – 2015 » va tenter de mettre en avant une infime partie de l’archive d’INTERFOTO et de faire le point sur 40 ans d’activité photographique militante.

Constatant au milieu des années 1970 que la presse dite « bourgeoise » (une expression de l’époque!) ne couvrait que rarement, voire très rarement, les manifestations, grèves, occupations et autres luttes, allant des revendications ouvrières aux droits des femmes, des étrangers en passant par la jeunesse, quelques activistes politiques prirent en charge ce travail d’information absent jusqu’alors.

Tous donnaient de leur temps libre pour se rendre sur les lieux des rassemblements, des contestations et autres actions politiques solidaires, pour passer ensuite des heures dans la chambre noire et pour enfin diffuser par courrier postal les tirages sortis des bains et des sécheuses. Walter Benjamin envisageait « l’auteur comme producteur ». La formule du plus important penseur ayant théorisé, à partir de sa philosophie de l’histoire, la photographie dans les années 30, s’applique idéalement aux règles qu’INTERFOTO s’est imposé : ne pas privilégier la photo d’auteur (pour un médium qui sonne la fin de l’auteur), mais au contraire miser sur la création collective. Car INTERFOTO détermine en équipe les reportages à effectuer et les photos à distribuer. Et c’est de même que les membres se répartissent les tâches sans hiérarchie ni spécialisation.

Les photographies d’INTERFOTO ont fait la une des quotidiens, hebdomadaires et mensuels les plus divers, allant du « Courrier » à « Lutte Ouvrière» en passant par « il lavoratore». Les photographies sortant du fameux labo situé dans un sous-sol des Grottes ont également servi à illustrer près de 40 affiches de différentes manifestations. Pour donner quelque chiffres : les archives INTERFOTO comprennent 4’733 films qui contiennent environ 141’990 négatifs noir et blanc 24x36 ; l’agence a collaboré avec environ 80 journaux pendant les 40 dernières années; on estime à 10'000 le nombre de photos à avoir été publiées ; des images d’INTERFOTO ont été utilisées pour illustrer environ 50 livres (en plus des neuf livres produits par l’Agence). Un bilan plus qu’impressionnant !

Avec les années, le travail de l’agence s’est de plus en plus orienté vers une production d’images ne collant pas nécessairement à l’actualité au jour le jour. C’est ainsi que la production de livres de photographies a gagné en ampleur et qu’INTERFOTO a commencé à se définir comme un collectif. INTERFOTO compte aujourd’hui neuf publications, qui témoignent d’un intérêt pour des aspects de la vie quotidienne dépassant le militantisme : vie au travail, habitat urbain, transports en commun, etc.

Ce sont ces livres et des groupes de tirages noir et blanc au format standard 30x40 cm, format qui aujourd’hui encore apparaît comme une marque de fabrique d’INTERFOTO, qui vont rythmer les 40 années passées et mener le déroulement de l’exposition au CPG. Sur les murs et dans des vitrines, face aux livres et aux tirages, l’exposition mettra aussi en avant des unes de journaux, affiches, livres, tracts et autres objets imprimés pour lesquels les rédacteurs et autres responsables de publications ont eu recours à l’archive du collectif.

La programmation des 14 dernières années du CPG a autant porté sur des questionnements contemporains du « style documentaire » que sur des productions d’images militantes, voire les deux ensemble. Le CPG a abordé ces questions par le passé avec par exemple les expositions « BACKDRAFT » de Bruno Serralongue ou « OFFSHORE » de Philippe Durand, et le fera encore avec l’exposition du californien Fred Lonidier, qui suivra celle d’INTERFOTO en juin 2015.

Cette politique a abouti à une interrogation plus profonde de la notion d’archive. Rappelons seulement des expositions comme « PHOTOGRAPHIES D’ALGÉRIE » de Pierre Bourdieu, « TOUTES LES PHOTOGRAPHIES D’UNE SEULE PERSONNE » de Miriam Bäckström et Carsten Höller, « LE GOUVERNEMENT » de Hans-Peter Feldmann, « DOUBLES ÉCONOMIES » d’Estelle Blaschke, Armin Linke et Doreen Mende et tout récemment « BELEGKONTROLLE » de Peter Piller. La grande exposition collective « LA REVANCHE DE L’ARCHIVE PHOTOGRAPHIQUE » en 2010 avait réuni plus de 50 positions dans des champs de production photographique les plus divers.

Nous sommes aujourd’hui très heureux de pouvoir présenter dans cette dynamique le collectif de photographes genevois INTERFOTO et de célébrer ainsi un travail précieux qui mérite une plus grande reconnaissance dans la ville de Genève, et hors de ses frontières.

L’exposition INTERFOTO bénéficie du soutien du Fonds cantonal d’art contemporain, DIP, Genève, du Pour-cent culturel Migros et de la Ville de Genève.


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